mercredi 19 mars 2014

Les contes [en déficit !]




On va tout de suite se mettre d'accord sur un point : le but des parents est d'éduquer leurs enfants pour qu'ils puissent devenir des adultes autonomes. Je veux bien que tu m'expliques que ce n'est pas une constante. Je veux bien que tu me cites Natascha Kampusch et le petit Grégory en contre-exemples. J'admets qu'il arrive que ce ne soit pas le cas mais je ne vais pas commencer par laisser piétiner le sujet de mon article dès le premier paragraphe.

Nous voilà d'accord, le but de la majorité des parents est de transmettre le sens de la vie. Et c'est vrai que celui-ci n'apparait pas clairement quand on y réfléchit étendu dans la pénombre d'un congélateur.

Comme je cherche moi-même un sens à la vie, je me suis dit que je n'étais pas plus bête qu'un enfant de sept ans. Je suis allé jeter un œil à ce que ces géniteurs transmettent à leur couvée. Je me suis donc replongé dans les contes pour enfants pour savoir ce qu'on leur sert comme vérités.

A part Blanche Neige qui fait un véritable effort pour la représentation des personnes handicapées, les contes pour enfants ne préparent absolument à une vie heureuse. Les mères qui meurent en couche, les pères qui abandonnent leurs enfants dans la futaie profonde, le carrosse qui se change en citrouille, l'ogre qui égorge, par inadvertance, ses propres enfants, la grand-mère qui se fait livrer le beurre par sa petite-fille alors que les bois regorgent de loups affamés… Cette obsession de la forêt tout le temps, je me demande si ce n'est pas pour fuir notre système social.

D'ailleurs, je remarque que dans tout ce qu'on raconte aux gamins quant à la vie, il n'est nulle part fait mention d'un réveil à six heures et trente-cinq minutes pour attraper un bol de café et un métro bondé par quelques dizaine de milliers d'autres prince charmants. Il n'est annoncé nulle part que tu ne pourras chercher l'amour et baguenauder dans les pâturages qu'en dehors des heures de bureau.

«Ils eurent un open-space et ils furent longtemps heureux» ne figurent à aucun moment dans aucun de ces récits. C'est à croire qu'on nous occupe tellement que nous n'avons plus le temps de nous affairer de nos amours.


[source image*]


Nota benêt : à propos des contes de fées,
Melle Farfale avait fait un rappel
des versions originales*

samedi 25 janvier 2014

1968 [c'est pas assez !]

A un moment on t'a parlé de ces soixante-huitards* qui s'accrochent à leur pouvoir. On t'a dit que c'était à cause d'eux que les gamins ne pouvaient pas entrer dans la carrière. Et tu l'as cru !

Ceux qui te parlaient étaient pourtant les mêmes que ceux qui avaient, il y a peu, déplacé les usines vers des pays où les ouvriers sont moins onéreux. Ce n'est pas tellement que la modique somme de ton salaire soit pour beaucoup dans le prix total d'une machine à laver. C'est surtout qu'en fabricant moins cher ton lave-linge et en te le vendant à un prix raisonnable, l'industriel a augmenté son bénéfice.

Il n'a plus à te rémunérer et tu te jettes encore sur ses produits. Elle est pas belle, la vie ?

Pourtant, tu devrais les remercier les beatniks et toute la clique, ils ont tout obtenu de ce qu'ils exigeaient ! Par exemple, des femmes* libres de leur corps et qui prennent la pilule. Par exemple, des pédés qui peuvent aimer des pédés sans qu'on pense à allumer un bûcher. Par exemple, l'avortement. Par exemple, des enfants qu'on laisse s'épanouir selon leur personnalité. Par exemple, le droit à la parole et la majorité à 18 ans.

Tous ces changements dans nos mœurs sont, à mes yeux, les ondes sismiques de 1968*. En dégageant l'ordre établi, le mouvement aura ouvert toute la société. Les verrous de l'ancien monde ont sauté les uns après les autres. Toutes leurs demandes d'évolution et de libération ont abouti.

Et pendant que nous nous battions pour ce desserrement général de l'ordre social, une revendication, discrètement, semble avoir été oubliée. Quelqu'un l'aura glissée sous un tapis et l'on aura perdu sa trace. Pendant que tu mettais toute ton énergie à aérer cette société, les riches* ont continué de s'enrichir.

Si 1968 a été une réussite sur le plan des mœurs, ses idées n'ont pas encore infusé la classe des possédants. En 2013, jamais l'écart* entre les plus riches et les plus démunis n'a été aussi important…

[Inspiré par l'interview de Hanif Kureichi sur France 5*].


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Dans cet entretien, Kureichi
définit la vie comme amère
ET terriblement comique.
Je suis tout à fait d'accord.

lundi 9 décembre 2013

Proverbes erronés

Je garde trace de ce buzz lancé par @Le_M_Poireau*

jeudi 31 octobre 2013

La démission [Y'avait un ordre ?]

Considérez moi comme temporairement démissionnaire. Oui, si vous n'avez pas remarqué, j'ai disparu de Twitter en tant que @Le_M_Poireau. Je ne sais pas ce qui m'a pris à ce moment précis, je crois que ça macérait depuis un bout de temps, déjà. Il y a dû y avoir une goutte d'eau surnuméraire qui a mis le feu aux poudres parce que BLAM ! J'ai désactivé mon compte.

Il y a un climat sur les réseaux sociaux qui devient puant par rapport à ce que j'en attends. L'idée pour moi est simplement de pouvoir exprimer mon opinion sur ce qui m'entoure, rire de l'actualité ou en pleurer. Or, ces temps-ci, à peine ai-je affirmé que j'aime les tomates rouges qu'une horde de eux ou trois crétins vient m'expliquer combien les tomates vertes sont bien supérieures en goût.

Ça n'a l'air de rien comme ça parce que je parle de fruits et légumes mais le phénomène se reproduit de manière innombrable pour tout ce qui se dit. Je préfère la gauche à la droite pour l'idée de la répartition, j'aime les étrangers pour les richesses qu'ils transportent, je choisis plus souvent le lefargen* que la haine de premier réflexe. Il devient finalement impossible que je m'y exprime.

Quant à l'auditoire que je retrouve sur Twitter, j'ai obligation de me lancer bientôt dans le tri sélectif. Ma TL se compose en parts mêlées et confondues de #LT d'émissions télévisées sans autre intérêt que la mise en spectacle de la misère humaine et de toute une nuée de twitteuses et twitteurs aveuglés dans un concours de vannes capillotractées.

Je suis fatigué du tuyau de poële. Parlez-moi de vous.

Je veux pendant quelques temps retrouver le Twitter que j'apprécie, pouvoir parler à des personnes vraies, entendre d'autres avis qui ne me sont pas assénés de force mais par la conversation. Je sors un peu du poids qu'on m'attribue pour repartir vers un réseau à vocation social, déshabillé de toute cette mise en scène permanente des égos.

J'ai un autre compte ailleurs, dans les bas-fonds des petits twittos anonymes. Certains en qui j'ai confiance savent où me trouver. Oui, tu as vu, même toi, je te fais confiance, après tout. Les autres, tous les autres, pour l'instant, j'ai besoin de rester au calme des échanges…

Veuillez me considérer comme temporairement démissionnaire…