lundi 11 décembre 2017

Sélection naturelle [Je trie ton nom !]




La race humaine va disparaitre de raisons naturelles.

L’humanité a passé tout ce temps à se croire au-dessus de la nature et la planète a décidé de réagir une fois pour toutes. Envahie par un virus, la Terre modifie sa température pour s’en débarrasser. Elle a auparavant joué de toutes ses armes afin de se défendre de cette invasion. Des maladies de toutes sortes, de plus en plus complexes, des bactéries de plus en plus résistantes à nos défenses, des glissements de terrain, des inondations et des sècheresses, des éruptions volcaniques, des tremblements de terre, des avalanches, des tornades, des ouragans, des tsunamis. Cela n’a pas suffi à nous réduire en nombre.

Nous avons découpé le sol en parcelles et posé des clôtures, nous avons érigé des propriétés et des frontières, nous avons posé des murs et décidé qu’ici c’est chez nous. Nous avons détourné l’eau des fleuves. Nous avons rasé des forêt pour établir des jardins à nous seuls destinés. Nous avons édicté quel animal était utile et lequel devait disparaitre, lequel nous serait soumis en esclavage, lequel ne vivrait que pour que nous le mangions* et lequel enfin, recevrait des caresses. Nous avons imaginé dominer le vivant.

Pauvres fous que nous sommes de croire que cette vieille Terre qui a porté les dinosaures durant 165 millions d’années avant de nous laisser advenir allait assister à cette destruction sans réagir ; qu’elle allait nous regarder la mettre en lambeaux avec la douceur d’une terre-mère ! C’était oublier de quel feu elle fut nourrit, de quelle flammes elle naquit, de quelles forges elle vint, de quels temps anciens fut tissée son histoire. La Terre a un cœur de fer, elle sera sans pitié.

Nous sommes moins que ces sauriens qu’un accident d’astéroïdes a annihilé sans raison apparente. Nous sommes le déséquilibre que la nature régule, nous sommes son erreur qu’elle répare. Nous sommes le sommet de l’évolution, le haut de la pyramide. Nous avons été engendrés par la sélection naturelle, nous sommes le résultat ultime de l’expérience biologique : une espèce qui entend dominer toutes les autres et les détruire. L’effet Darwin est allé beaucoup trop loin, il est temps de reposer les règles. La génétique a bugué, il est bon pour la planète que nous disparaissions.

mercredi 25 octobre 2017

Apple fiscal [les fruits de la croissance…]



Si j'étais communicant chez Apple, j'appellerais Tim Cook à prendre la tête d'une nouvelle bataille avant d'en être la victime. Tout comme la compagnie californienne a su, face aux critiques légitimes des associations, se transformer pour devenir plus écolo*, il est temps pour elle aujourd'hui de payer ses impôts.

Le vent a tourné et l'opinion publique* prend de plus en plus conscience qu'on ne peut pas vivre dans des pays de plus en plus pauvres pendant que les multinationales font du slalom entre les différentes législations nationales pour échapper à l'impôt.

Apple est une entreprise mondiale dont les valeurs sont humanistes et cet humanisme passe aujourd'hui par la contribution au bien-être des populations par le paiement de sa contribution au budget des États*. Il ne peut plus être question de vendre du bonheur d'un côté si de l'autre, tu continues à afficher un comportement d'égoïste.

Surtout, Apple a tout à gagner dans cette bataille. Prenant la tête d'une campagne de moralisation financière, elle confortera son image de marque positive face à des concurrents bien incapables de l'y suivre. Elle a déjà le slogan et les arguments pour vendre l'idée d'un meilleur partage des fruits de la croissance : Think different*

Parce qu'Apple a développé un modèle qui intègre la totalité de la chaîne de production, elle a moins que d'autres à craindre de la fiscalité. Il est inscrit dans le code génétique de l'entreprise développée par Steve Jobs que pour garantir à l'utilisateur le meilleur appareil possible, elle doit en contrôler tous les composants.

C'est ainsi qu'Apple est autant propriétaire de la partie matérielle que de l'iOS qui constituent aujourd'hui l'iphone X, qu'elle fabrique autant la coque en aluminium du MacBook Pro que le MacOS qui lui permet de fonctionner de la meilleure manière possible au service de l'utilisateur.

En changeant de cap pour devenir aujourd'hui fiscalement responsable, Apple a l'occasion de renverser la table et de mettre à mal la totalité de ses concurrents. Facebook qui ne vend que du vent ne pourra pas survivre à ce sursaut d'impôts, quant à Google qui se développe au travers d'une multitude d'entreprises pour masquer sa position de monopôle, elle verra sa fiscalité exploser son business modèle*.

En terme d'image de marque tout comme sur le plan des valeurs, Apple peut conforter sa position de leader d'un avenir numérique humaniste. En lançant une campagne d'adhésion à la fiscalité juste et pour tous, Tim Cook peut frapper un grand coup dans ce milieu à forte concurrence et s'accaparer pour longtemps la place de chevalier blanc des entreprises responsables.

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Nota bene : en attendant qu'on m'emploie, je fournis un travail gratuit par le biais de ce blog sur lequel il n'y a pas de publicité. Si tu apprécies mes articles, tu as un bouton Paypal en haut à droite (sur ordinateur) pour me faire un don. C'est que les 437 euros du RSA, tu sais, c'est pas des vacances.

Source image*

jeudi 19 octobre 2017

Ce que nous sommes [ça commence à faire beaucoup…]




Nous ne sommes pas une armée d'imbéciles gouvernée par des cons, nous sommes des gens instruits* à qui l'on vend des vessies pour des lanternes.


Nous ne sommes pas des personnes qui méritons d'être pauvres par manque de talent, nous sommes des citoyens trop tolérants pour gifler les bourgeois pour ce qu'ils nous volent.


Parce que oui, la bourgeoisie, l'élite*, l'oligarchie, celle qui prend plusieurs noms comme pour mieux se cacher, est une troupe de voleurs.


Ils ne te le disent pas, ils emploient d'autres mots*. Par exemple, pour expliquer qu'une personne reçoive mensuellement et à elle seule de quoi rémunérer une bonne centaine de salariés, ils parlent de la «méritocratie».


La méritocratie* est le fruit de l'entre-soi. Elle est revendiquée par ceux qui ont le pouvoir afin de récompenser ceux qui leur en procurent d'avantage.


La méritocratie est la manière élégante qu'ils inventent pour justifier que nous ne sommes pas égaux en droits et que certains en méritent plus que d'autres.


Nous sommes quatre-vingts pour cent d'une classe d'âge depuis les années 80 à avoir obtenu le baccalauréat. Nous ne sommes pas des ignorants ou des analphabètes.


Nous avons l'intelligence et le savoir, nous possédons la capacité de comprendre l'ineptie de la politique menée. Enrichir les plus riches, ce n'est pas lutter contre la misère. Nous décidons tous ensemble, tous ensemble de les laisser faire.


Nous sommes, en république, une assemblée de citoyens égaux. Le plus pouilleux des pouilleux est l’exact égal d’un Pierre Gattaz et d’un Emmanuel Macron.


La plus souillon des souillons mérite exactement de porter gratuitement* les mêmes jupes ou robes ou pantalons Vuitton que Marie-Antoinette Brigitte Macron.
L'argent qui manque à notre république pour accomplir son rêve d'égalité est là, dans le coffre des banques et chez les milliardaires et leurs amis.


Nous ne sommes pas une armée d'imbéciles gouvernée par des cons, nous sommes des citoyens trop gentils pour reprendre l'argent qui nous a été volé. Et pourtant notre révolte est pavée de bonnes intentions.

Nota benêt : Franck Riboud était PDG de Danone.
Pour sa retraite qui débute au 1er décembre 2017,
il touchera 10.082 euros par jour.
Dix mille quatre vingt deux euros chaque jour…


Source image : set sel et poivre Marie-Anoinette*

 
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Faute d'embauche, je vis au RSA avec 435 euros par mois. Si tu souhaites que j'écrive dans ton journal, contacte-moi.
Cet article est un travail gratuit que je t'offre. Si tu as les moyens de me rémunérer, il y a un bouton de don Paypal (si tu es sur ordinateur) en haut à droite.
 

samedi 14 octobre 2017

La classe politique [costume-cravate]



Je pense que notre analyse des politiques est tout simplement erronée. Nous leur prêtons sans cesse une volonté d'améliorer notre société comme s'ils étaient des saints ou des humanistes ou missionnés par je ne sais quel mystère pour nous sauver du désastre.

Parce que, tu as vu, il y a toujours un désastre à venir dont il s'agirait que nous soyons préservés ; une catastrophe toujours future qui justifie à elle seule que l’on agisse comme ils agissent.
 

Je pense qu'en réalité, on peut mieux comprendre la nature des politiques* en les regardant pour ce qu'ils sont : des adorateurs du pouvoir. Ce que veulent les politiques n'est pas de faire baisser le chômage ou de trouver un toit à chacun, de prendre soin de la veuve et de l'orphelin, ni de préserver nos valeurs, ni de répandre le bonheur sur la terre.

La seule réelle volonté des politiques est de conquérir le pouvoir et d'en récolter les fruits.

Même en cas de crise économique, ils le conservent et ne sont pas affectés réellement. Ils ne sont pas comme des généraux qui prendraient la tête de leurs troupes durant la bataille, ils sont comme des colonels qui restent à l'abri de leur QG pour mieux compter les morts.

Les politiques ne font pas face au danger, ils le contemplent du haut de leur tour d'ivoire. Citez moi un seul élu qui après avoir échoué dans sa mission se serait retrouvé à la rue ou dans un dispensaire à se gratter les poux ? Citez-moi un seul politique qui se soit retrouvé dans la difficulté pour ne pas avoir accompli la mission que nous lui avions fixée ?

À part François Mitterrand rattrapé par l'arbitre avant la fin du match, nos anciens présidents poursuivent leur existence dans le confortable standing que leur procure la République. Notre République.

Si j'en crois les commentaires sur la situation actuelle, notre pays serait au bord de la ruine. Et Giscard, Chirac, Sarkozy et Hollande qui ont amené ce résultat vivent dans le confort douillet que le pays leur offre. Que NOUS leurs payons. Et si nous voulions comparer le pays à une entreprise, ils sont comme des dirigeants qui après avoir failli couler la boîte* continuent d’en percevoir une grasse rémunération.

Ils ont consacré leur vie à la conquête du pouvoir, ils ont régné quelques années avec un résultat largement décevant et ils finissent leur existence avec la garantie du luxe permanent.

Ils ne sont pas en place publique à se flageller de leurs erreurs. Ils ne se terrent pas dans l'ombre, couverts de la honte de leurs échecs. Ils vont en ville se faire admirer, se prêtent aux selfies, serrent quelques mains et pérorent* encore d'avoir pu conquérir le pouvoir mieux que les autres. Ils vont dans les dîners et ils narrent leur merveilleuse aventure* personnelle. Ils sont auréolés d'une gloire qui masquent leurs échecs.

Nous avons laissé se créer et prospérer une «classe» politique qui n'a que faire des conséquences de ses propres agissements. Quand ils échouent, ils continuent, qui de briguer d'autres mandats, qui de profiter de leur réseau pour trouver refuge dans le privé. Comme s'ils vendaient leur naufrage* au plus offrant.

Et Emmanuel Macron qui échouera comme d'autres avant lui pour avoir tenté les mêmes stupides approches libérales* face à une crise de société, nous savons déjà qu'il ne paiera rien de sa faillite. Il retournera d'où il vient, de la finance internationale, de la banque d'affaire ou bien coulera des jours heureux à briller encore et encore de son merveilleux destin.

Il racontera longtemps, laissant dans le non-dit l'armée des miséreux qu'il aura créée, comment son parcours fut un complet succès. Emmanuel Macron n'a pas besoin de réussir son quinquennat, sa gloire est déjà là : l'accomplissement politique est tout entier contenu dans la conquête du pouvoir.

Source image*

 
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mercredi 11 octobre 2017

Vers l'avenir [C'est où ça ?]





Est ce que quelqu’un sait encore où nous allons ?

Si vers 1850, nous avons lancé la société industrielle, c’était dans le but louable que chacun puisse être équipé d’un minimum de confort. Nous avons constaté que l’artisanat, tout noble qu’il soit, ne suffirait pas à apporter à chacun, les éléments jugés indispensables à la modernité.


Nous avons conçu les usines et les machines pour que chacun ait des vêtements, chacun son assiette, chacun une chaise et une place à table, chacun son poste de radio, chacun sa voiture et c’est ainsi, à force de progrès technique, qu’à partir des années 1960, chaque nouveau logement disposait enfin de sa propre salle de bains.

Parallèlement, cela nous a permis d'instituer une société du travail où chacun a pu louer sa force de production en échange d'une somme d'argent supposément suffisante pour profiter de l'effort de tous dans le but d'améliorer le quotidien.

Si nous constatons, quelques 167 ans plus tard, qu’il reste encore plus dix milles personnes qui vivent sur le trottoir, pourquoi consacrons-nous notre énergie à fabriquer autant de babioles* et de breloques inutiles ? Je n’ai rien contre le hand–spinner, ni le nouvel i-Phone, mais quel sens cela a-t-il dans notre société ?

Quel sens cela a-t-il pour notre avenir commun de nous préoccuper de changer de voiture tous les trois ans alors que notre mission de départ n'est toujours pas accomplie ? Nous disposons de montagnes de beurre, d’océans de vins et de bières, nous profitons chaque jour de kilomètres de programmes télévisés, de tonnes d'objets plastiques de toutes sortes, nous avons un choix infini de yaourts et de plats industriels, sans parler de la multitude d'ultra-riches et de leur matelas d'or et d'argent. Mais quel est le but de tout cela ?

Est-ce que quelqu'un sait encore où va notre société industrielle ?  Quel est notre objectif en tant que communauté humaine dans cette accumulation sans fin ? Si nous devions aujourd'hui débarquer aujourd'hui sur cette planète Terre, est-ce là le modèle d'organisation que nous mettrions en place ?

Source image*

lundi 9 octobre 2017

Manuel Valls [et tu danses avec lui !]

 
 
 
Selon le principe de la démocratie qui est le notre, Manuel Valls s'est présenté face aux électeurs qui ont choisi de l’éjecter. Tout d'abord parti fièrement pour être le favori des pseudos-sociaux-démocrates à la présidentielle, il s’est présenté à la primaire du-PS-et-du-PS où il a maigrement ramassé quelques 41% à la sortie* ; qu’il aurait déjà dû prendre à ce moment-là.

Candidat ensuite à la députation, il n’a été élu que de toute justesse. Un tout petit coussin de 139 voix* (sur une population de 71.200 électeurs) lui a permis de poser ses fesses sur les bancs du Palais Bourbon. Il s’y montre, de temps en temps, avec une étiquette «divers gauche» qui souligne déjà l’étendue de son isolement politique. Il n’a pas plus le dossard du Parti Socialiste et encore moins celui des zozios d’enmarche qui lui ont fermé la porte puis la fenêtre avant de le voir tenter de passer par le toit.

Si nous vivons dans un régime démocratique qui, pour le coup fonctionne, force est de constater que les électeurs ont décidé de ne pas porter Manuel Valls au pinacle.
 
Dans ces conditions, comment se fait-il que BFM décide d'en faire son invité pour sa grande émission politique du matin ? À quel public s'adressent-ils ? Quelle est la raison PO-LI-TI-QUE qui justifie qu'un gars éjecté par l'expression citoyenne se retrouve mis en vedette par un média national ? Compte tenu de l'impopularité du personnage, il n'est pas possible d'espérer tabler sur un soudain sursaut d'audience, alors pourquoi ?

Je pose sérieusement la question.

Qu'on ne me réponde pas «c'est parce que Manuel Valls a été premier ministre» ! Il est bien évident que chacun des votants au moment de glisser son bulletin dans l'enveloppe avait cette information et en a tenu compte dans son choix de l’écarter du pouvoir.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'une chaîne nationale d’information privée utilise son antenne pour remettre en selle un ex-représentant du peuple que le peuple a déchu ?
 
Dans quelle démocratie sommes-nous ?
 
Source image : Le Figaro

jeudi 10 août 2017

Le triple saut [quelle vigueur !]



C'est quand le type s'élance qu'il fait un petit saut sur place. Ensuite, il court en grandes enjambées dans sa tenue de Cosmos 1999 mais avec des pubs et des autocollants dessus. Il accélère et il prend un air vraiment sérieux, serrant les dents et tirant sur les bras comme si l'air offrait des poignées à saisir.

Pendant qu'il en est là, en arrière plan, tu vois un groupe de fille qui elles aussi courent mais en rond autour du stade. Elles vont beaucoup moins vite, c'est visible, mais comme elles sont plus nombreuses, peut-être qu'elles doivent faire plus attention. Et lui, il essaie encore d’accélérer mais il commence à relever la tête et à regarder devant lui.

Et c'est là qu'il se rend compte : ils ont déplacé le bac à sable. Il y a la ligne là, le trait qu'il ne faut jamais dépasser mais le sable est beaucoup trop loin !

Tu sens qu'il hésite un peu. Il court toujours mais il y a comme un  léger ralentissement, ses pas se font légèrement plus courts. Quand il arrive à la marque, il pose son pied juste bien comme il faut, ni trop loin ni trop près. Il y a des hommes tout autour qui sont là juste pour vérifier qu'il ne dépasse pas cette ligne ! Un homme qui regarde et un autre qui lève le drapeau. Ils créent des emplois en Suède !

Et l'autre, il s'élance dans les airs. Comme le sable est beaucoup plus loin, il fait exactement comme s'il sautait. Il est invité ici, il a été bien reçu, il ne veut vexer aucun de ses hôtes. Alors, pour que personne ne constate l'erreur des organisateurs, il prend un air normal de sportif et il  s.a.u.t.e pour retomber sur le premier pied en faisant des grands gestes avec les bras afin de détourner encore plus l'attention, puis il r.e.b.on.d.i.t sur l'autre pied en créant de nouvelles grimaces avec son visage en plein effort et enfin, il retombe dans le sable !

Et tout l'après-midi, ils ont fait ça ! Il n'y a pas eu un seul organisateur qui ait osé faire remarquer que ce serait quand même plus logique de rapprocher le bac à sable !


[Vieil article de 2006 !] - Image empruntée ICI

jeudi 27 avril 2017

Anti-républicain [Dans quel genre ?]

Le Front National dans les élections me rappelle vachement l'histoire des mobylettes. On avait d'un côté des vélomoteurs dont la législation limitait la puissance à 49,9 cm3 et on avait de l'autre, des kits mécaniques qui permettaient de gonfler cette puissance. Les kits étaient en vente libre dans tous les magasins ayant pignon sur rue, il était parfaitement légal de les vendre, légal de les acheter, ce qui était strictement interdit par la Loi, c'est de les installer.

Le vote FN n'est pas un vote anti-républicain.

Les valeurs portées par ce parti ne sont pas sympathiques, elles auraient même tendance à faire passer Philippe Pétain pour un élu modéré; mais c'est un parti tout à fait légal qui se présente aux élections.

Comme le préconise notre démocratie, Marine Le Pen a obtenu le soutien de plus de 500 maires démocratiquement élus, représentants de leur commune, pour aller exposer son programme aux suffrages des Françaises-Français. Et comme c'est logique dans une démocratie, puisqu'elle est une candidate légale, elle a obtenu un certain nombre de voix.

Les électeurs du FN ne sont pas anti-républicains.

Parmi les offres disponibles au départ, ils font un choix politique. Nous sommes d'accord qu'ils ne font pas le bon choix. Nous sommes d'accord que croire qu'on va pouvoir fermer les frontières et ignorer le reste du monde est une illusion dangereuse. Nous sommes d'accord qu'à peu près tout du programme du Front National est un non-sens total. Nous sommes d'accord que monter les gens les uns contre les autres ne fera jamais avancer un pays. Mais j'insiste : c'est un choix politique.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après le scrutin, l'ensemble des médias puissent considérer comme inacceptable de voter pour l'un des candidats légalement présent au premier tour ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'à la fin du vote, on se mette à exclure et insulter* une partie de l'électorat ?

Revenons aux choses sérieuses c'est à dire à la politique.

En 2002, les électeurs se sont déjà mobilisés contre le FN et ont élu Jacques Chirac à plus de 80%. Et puis ? Et puis rien. La direction du pays n'a pas été modifiée, le cap n'a pas été révisé. On a eu Chirac puis Sarkozy puis Hollande. 15 ans d'une politique libérale qui n'a pas jamais été le choix du corps électoral.

Depuis 2002, les politiques menées par le pouvoir en France ont été menées contre les classes populaires. C'est comme ça qu'on le vit sur le terrain, en province. Tu sais, ces centres villes qui meurent dont tu entends parler une fois tous les cinq ans avant le 1er tour.

Même le NON
au projet de traité européen de 2005*, un NON ferme et massif tel qu'exprimé dans les urnes, n'a pas été respecté. À la limite, la dernière mesure favorable aux salariés, ça a été les 35 heures sous Jospin. Et vu la manière dont tout le monde s'acharne sur elle, ça n'a pas l'air de plaire énormément quand les petites gens obtiennent un truc.

Personne n'a envie de voter Macron qui représente cette partie de nos dirigeants acoquinés avec les très riches pour améliorer encore leur situation. Il représente le même groupe social que François Hollande, que Nicolas Sarkozy, que Jacques Chirac. Trois présidents qui ont lamentablement échoué et qui continuent pourtant de pérorer dans les médias en mode moralisation.

Il est tout de même étonnant qu'un homme comme notre dernier président, un homme qui a menti en tout point aux électeurs, les yeux dans les yeux, qui n'a absolument pas tenu ses promesses ni réalisé les engagements qu'il a pris, qui a proposé de mettre en place la déchéance de nationalité c'est à dire une mesure du FN, s'en aille benoîtement toucher son petit pactole à vie.

Il y a des droits et des devoirs dit-on au chômeur qui renâcle à accepter un emploi qui va baisser de 30% son train de vie. Mais ça fait 35 ans qu'on baisse les droits des gens qui travaillent, qu'on bloque les salaires, qu'on coupe allègrement dans tous les aménagements sociaux prévus pour la population. Ça fait 35 ans qu'on supprime les services publics et que peu à peu, tout disparait.

Les villes sont des fantômes de ville où les vitrines des boutiques sont décorées de posters chatoyants pour qu'on ne voit pas trop qu'il n'y a plus de vie. On fabrique des trompe l'œil pour cacher la misère, c'est tellement symbolique de l'époque.
 

Et pendant ce temps-là, personne n'a jamais vu la classe politique faire des efforts. Ils se succèdent les uns aux autres, ils changent de bord et d'alliance, lancent des paris comme autant d'O.P.A pour ramasser le pactole. Ils mènent une carrière dans les dorures pendant que le pays s'enfonce dans le néant.

Personne n'a envie de continuer à baisser le coût du travail. Personne n'a envie de continuer à subventionner le patronat. Si le travail est une valeur, pourquoi faudrait-il sans cesse en brader le prix ?
Les électeurs ne sont pas débiles, ils comprennent parfaitement qu'Emmanuel Macron n'a rien d'autre à proposer que de la merde libérale. Cela fait 35 ans qu'on l'applique, ils savent ce que c'est. Les citoyens constatent par eux-mêmes que ça n'est pas seulement inefficace : cela détruit tout simplement le corps social faisant de chacun le concurrent de l'autre*.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après deux ans de barnum médiatique à base de couvertures de presse anti-islam / pro-Macron / anti-islam / pro-maron, on nous explique qu'il ne faut pas voter pour l'autre camp ?
 
Ils étaient 4,8 millions de citoyens noyés dans le ras le bol en 2002, ils sont aujourd'hui 7,6 millions à choisir de ne plus voter pour aucun des candidats qui continuent de soutenir ce système de caste. Encore faudrait-il y ajouter les abstinents qui ne participent plus et aussi ceux qui ont tenté une sortie plus noble, simplement démocratique, en devenant des insoumis.

 

Il faut voter Emmanuel Macron s'époumone la foule médiatique toujours comme un seul homme d'un seul avis et d'une seule voix. Il faut voter Macron comme si l'élection de l'endive du Touquet au poste suprême était porteur d'une seule solution. Il faut voter Macron comme si continuer la même politique qui échoue depuis 35 ans était la seule et unique voie possible.

 

Et quoi ?

 

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour que la seule solution aux échecs* précédents soit de renforcer l'échec ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'aucune autre solution ne soit envisagée ?

 
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Nota benêt : en pourcentage des inscrits, si l'on additionne les abstentionnistes, le Front National et Les Insoumis comme autant de messages anti-système, on arrive à un total de 53% des voix. On est loin, très loin, d'une victoire du libéralisme par K.O.
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Image piquée ici

vendredi 21 avril 2017

Macron est bien de droite



J'ai écouté Emmanuel Macron hier soir sur France 2.
Il se dit ni de droite ni de gauche mais ce qu'il préconise est très clairement marqué politiquement.
Ainsi, il explique qu'il veut supprimer l'ISF pour favoriser l'investissement.
En clair, les plus fortunés pourront échapper à l'impôt s'ils investissent dans l'économie.
En clair, s'ils achètent des actions dans des entreprises.
Ce qui est un autre moyen de faire du placement.

En clair, Emmanuel Macron propose de retirer à l'Etat, c'est nous, l'argent des plus riches s'ils acceptent de placer eux-mêmes, leur argent dans l'économie.

Mais peut-être que si on a inventé l'impôt c'est pour que l'Etat, dont la politique dépend de notre vote commun, puisse orienter l'économie dans un sens qui convient aux électeurs et à l'avenir du pays. Ça s'appelle la démocratie.

A chaque fois que tu préconises une mesure qui consiste à laisser les propriétaires faire ce que bon leur semble de leur fortune, tu fais un doigt d'honneur au principe républicain.
Et Emmanuel Macron vient avec cette proposition d'affaiblir l'Etat, c'est à dire nous.

Du coup, quand dans la suite de sa démonstration durant laquelle il explique des idées très généreuses sur l'école, genre qu'on va faire des classes avec seulement 12 élèves, je me demande comme il pourrait le faire.
Si d'un côté tu affaiblis l'Etat, dans sa gestion du réel aussi bien que dans ses revenus, tu ne peux pas prétendre ensuite disposer d'un Etat fort qui change la donne de l'enseignement.

Si on passe de classes à 25 élèves à des classes de 12, il te faut doubler le nombre de professeurs des écoles. Mais si tu te prives du budget nécessaire, tu es juste en train de promettre du vent.
Et tu es de droite.

jeudi 23 février 2017

Le travail [on s'attache]



La plupart des gens travaillent pour un salaire mais n'ont pas de véritable «travail». Ils effectuent des heures de services durant lesquelles ils accomplissent un certain nombre de tâches durant un certain nombre de mois, d'années, de vie. Mais la plupart d'entre nous, savons bien que si personne n'effectuait ces tâches, la planète continuerait parfaitement de fonctionner.

(Que Nestlé crée un nouveau yaourt
puis en fasse ou non la publicité
ne changera rien à ton dégoût
des produits laitiers).

Parce que ce «travail» qui n'a pas d'intérêt majeur pour notre société humaine, en a une sur le marché. Il s'agit la plupart du temps de produire quelque chose qui pourra se vendre plus cher que ce qu'il a coûté. Ainsi, la plupart des gens travaillent à produire du bénéfice.

Ceux qui empochent le bénéfice achètent des immeubles afin de louer des appartements aux gens qui ont un «travail». Ce qui est une autre manière de faire produire du bénéfice à ceux qu'on a rémunéré pour avoir produit du bénéfice.


Celui qui a beaucoup de bénéfices produit beaucoup de bénéfices qu'il peut accumuler. Même s'il n'en a pas besoin, même s'il est tout à fait certain qu'il n'y suffira pas d'une seule vie pour tout dépenser.

Bien entendu, l'État capte une partie du bénéfice généré par
le marché pour financer le reste. Les écoles, les hôpitaux, les universités, l'hébergement des sans logis, les routes, les trains, la poste dans les villages, les transports, les villes, la collecte et le recyclage des déchets, …


Tous ces trucs qui ne produisent pas de bénéfice mais qui sont le fondement même de notre société humaine.

mardi 3 janvier 2017

Le fil d'actualité [Le fil du temps…]



La différence entre l'actualité et l'Histoire c'est le changement d'échelle, tu prends de la hauteur pour regarder des périodes bien plus longues qu'une petite semaine de journaux télévisés. Tu balaies en route les petits événements qui seront oubliés dans les deux jours, les scories de l'information, pour ne te concentrer que sur ce qui aura des répercussions sur l'avenir.

Ainsi, j'ai toujours été frappé dans mes lectures historiques sur la période qui va de l'arrivée au pouvoir d'Adolphe Hitler jusqu'au déclenchement de la seconde guerre mondiale, l'analyse de tous les signes annonciateurs de la déflagration. Je ne parle pas ici du projet macabre et délirant conçu par le petit moustachu et soutenu par toute une population convaincue mais uniquement du côté matériel des événements.

Notamment, dès sont arrivée au pouvoir, le parti nazi s'affaire à fabriquer des armes. Il accumule les chars, les avions, il fabrique les munitions et il enrôle de plus en plus d'hommes pour constituer ses troupes. J'imagine que si quelqu'un observait et analysait tout ça à l'époque, il était clairement dans les intentions de l'Allemagne de sortir de ses frontières pour se répandre.

Et ces jours-ci, c'est pour ça que je t'en parle, il passe dans l'actualité quelques informations que personne ne semble relier entre elles. Pendant que nous regardons le conflit en cours contre Daech (qui semble parti pour durer plus longtemps que prévu), la Chine et la Russie et un tas d'autres pays accumulent de l'armement. Sans entrer dans le détail du pourquoi et du comment chacun semble le faire, je trouve ça très inquiétant*.


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J'ai emprunté un fond d'écran ici*